Publié le 07/05/2026
Le décret n° 2013-1188 du 18 décembre 2013 a créé une situation inédite : depuis le 1er janvier 2014, des millions de cartes nationales d'identité délivrées entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013 ont vu leur durée de validité passer automatiquement de 10 à 15 ans. Concrètement, ces documents affichent une date d'expiration dépassée alors qu'ils restent parfaitement valides 5 années supplémentaires. Ce décalage entre ce qu'on lit sur la carte et sa validité réelle génère une vraie confusion aux frontières. Les dernières CNI concernées expireront en décembre 2028 — le sujet reste donc très actuel.
Seize destinations ont officiellement confirmé qu'elles reconnaissent ces cartes nationales d'identité en apparence périmées. Ce sont : Andorre, Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Malte, Monaco, Monténégro, République tchèque, Saint-Martin, Serbie, Slovénie, Suisse, Tunisie et Turquie.
Attention néanmoins aux conditions spécifiques dans certains pays.
Cette acceptation repose sur un cadre juridique solide. L'annexe de l'accord européen du 13 décembre 1957 sur la circulation des personnes entre membres du Conseil de l'Europe a été modifiée pour intégrer les cartes d'identité prorogées. La déclaration française a été notifiée à tous les États membres le 24 avril 2015, sans qu'aucune objection ne soit soulevée dans le délai réglementaire de deux mois.
Pour faciliter le passage aux frontières, le ministère de l'intérieur propose des fiches d'information multilingues expliquant la prolongation. Présentez-les aux autorités locales en cas de doute — franchement, ne partez pas sans cette fiche si vous voyagez avec une CNI à date dépassée.
La Belgique est le seul pays à avoir officiellement refusé de reconnaître la validité prolongée des CNI françaises. Les autorités belges exigent une validité apparente sur le document. Résultat : une amende administrative de 200 euros peut être infligée au voyageur qui se présente à la frontière avec une CNI dont la date inscrite est dépassée.
De nombreux États n'ont pas encore officiellement statué : Allemagne, Autriche, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède, Islande, Liechtenstein, Norvège, Vatican, Albanie, Ancienne République Yougoslave de Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Égypte et Maroc (ce dernier uniquement pour les binationaux ou voyages organisés).
| Situation | Pays concernés (exemples) | Risque |
|---|---|---|
| Acceptation officielle | Suisse, Croatie, Grèce | Faible (vérifier conditions) |
| Refus officiel | Belgique | Amende 200 € |
| Position non tranchée | Espagne, Portugal, Italie | Incertain |
L'Espagne et le Portugal méritent une attention particulière — le ministère des affaires étrangères a identifié des difficultés concrètes dans ces deux destinations très fréquentées. La question a même été soulevée à l'Assemblée nationale. Pour le Royaume-Uni et le Maroc, même incertitude.
Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères recommande fermement de privilégier un passeport valide pour ces destinations. Consultez la rubrique « Conseils aux voyageurs » sur diplomatie.gouv.fr, mise à jour régulièrement pays par pays.
Bonne nouvelle : un renouvellement anticipé reste possible. Des instructions ont été adressées aux préfets pour autoriser ce renouvellement dès lors que vous justifiez d'un déplacement à l'étranger. Le justificatif de voyage peut prendre plusieurs formes : titre de transport, réservation d'hébergement, attestation d'employeur, voire déclaration sur l'honneur. Les résidents d'un département frontalier bénéficient d'une attention particulière à ce sujet. Depuis mars 2025, un nouveau motif d'acquisition d'une identité numérique régalienne permet également ce renouvellement anticipé.
Renouvellement CNI est un service privé d'accompagnement indépendant de l'administration française. Nous n'émettons pas de passeports. Le traitement officiel est assuré par les mairies et préfectures habilitées.